Le stade Mayol est un stade situé à Toulon, en plein centre-ville. Offert par le chanteur Félix Mayol au Rugby Club Toulonnais, il est maintenant la propriété de la ville de Toulon. Il accueille les matches du Rugby Club Toulonnais (et a accueilli par le passé ceux du Sporting Club de Toulon) ainsi que des matches du Festival Espoirs de Toulon (dont la finale).

Mayol, situé en pleine ville dans le quartier du port de Toulon, est l’un des stades « mythiques » du rugby français. Antre du rugby et des « minots de la Rade », il tient son nom d’un chanteur du début du XXe siècle, Félix Mayol, qui offrit le terrain et les droits de ses chansons au Rugby Club Toulonnais afin de payer ses installations car, comme il l’explique dans ses Mémoires :

« À Toulon, où la jeunesse est particulièrement active et vigoureuse, nous n’avions pas le moindre terrain utilisable…Seul demeurait un vélodrome désaffecté, où nul n’allait jamais, qui ne servait plus à rien et qui me paraissait s’ennuyer autant que nos aspirants sportsmen… Alors, mon Dieu, c’était tout simple, j’ai acheté le vieux vélodrome ! J’y donnai moi-même le premier coup de pioche…. »   Félix Mayol

Le stade fut construit en 1919 et inauguré le 28 mars 1920 par un cross, une rencontre de football entre la section ballon rond du R.C.T. et le Stade Raphaëlois (victoire de Saint-Raphaël, 4 à 0) et une rencontre de rugby entre le RCT et le TOEC (Toulouse) qui donnera lieu à un match nul 3 à 3.

Le Stade Mayol est atypique car situé en plein cœur de Toulon. Comme le souligne La Vie sportive : “Le stade offrait l’exemple unique en France de stade aussi rapproché du centre‑ville“. Le stade Mayol occupe effectivement une position stratégique : près du quartier de Besagne, grand pourvoyeur de joueurs du RCT, à portée de drop du cours Lafayette et des cafés du port où les supporters se croisaient et discutaient d’abondance, et guère éloigné du boulevard de Strasbourg et de ses brasseries, sièges des sociétés sportives toulonnaises en ce temps là.

En 1921, le stade faillit bien disparaître. En effet, un projet d’implantation d’un vélodrome fut présenté en conseil municipal et le premier adjoint M. Coulomb fit remarquer que le stade Mayol n’était pas une installation définitive car il occupait un emplacement en vertu d’une tolérance accordée par le Génie militaire sous la municipalité Micholet et qu’en plus il était revendiqué par la Chambre de commerce pour établir les voies ferrées qui devaient relier la gare PLM, la gare du Sud-France et le port de commerce. Ce projet, bien qu’adopté par le conseil municipal, ne fut jamais mené à bien et finalement, le « Grand Parc Omnisports » de la ville de Toulon se construira à Font-Pré dès 1936.

Ensuite, le stade Mayol a subi les affres de la guerre (53 trous de bombes). Il est reconstruit ou rénové en 1947, puis en 1965, en 1983 et dans les années 1990. Il a depuis 2013 une capacité de 15 400 places et a vu la grandeur et la gloire du Rugby Club Toulonnais, mais aussi ses déboires. Durant plusieurs saisons, le R.C.T. partagea le stade avec les footballeurs du Sporting Club de Toulon, alors en première division.   

En avril 1990, un centre commercial est érigé sur le site de Besagne juste derrière le stade et un parking de 3 000 places est installé en sous-sol du stade. D’une superficie de 50 000 m2, ce centre sera rejoint par un Palais des Congrès (le palais Neptune) et un hôtel pour les congressistes, le tout sur la place dite Besagne.

Sous l’impulsion d’Hubert Falco (maire de Toulon) et de ses équipes municipales, le stade Mayol a connu depuis la dernière décennie de nombreux aménagements. La Tribune Bonnus a totalement été reprofilée et réhabilitée pour agrandir la capacité du stade. Un Virage entre les tribunes Delangre et Bonnus a été construit. Des écrans géants et une nouvelle sonorisation ont été installés. La tribune de presse, la tribune présidentielle, les buvettes, les vestiaires ont également été réaménagés. Aujourd’hui, le stade Mayol est doté d’une capacité de 17287 spectateurs.

Toutes les grandes équipes sont venues dans l’enceinte du stade Mayol, et le stade a accueilli régulièrement des rencontres internationales lors de tournées d’équipes telles que la Nouvelle-Zélande (en 1986, 1990 et 1995), l’Afrique du Sud, l’Australie, le Canada, l’Italie, la Russie, les Barbarians etc.

Il fut également le témoin de multiples concerts qui y ont été organisés. Les plus grands séjournent à Mayol pour le bonheur de tous les varois, de Bob Marley (26 juin 190 devant plus de 22000 personnes) à François Valéry (…), en passant par Bernard Lavilliers ou Johnny Hallyday (10 juillet 1977).

Souhaitons un très bon anniversaire à notre stade et pour rependre les mots d’Hubert Falco :

« Mayol que nous espérons tous pouvoir retrouver rapidement pour de grands moments de sport et de convivialité car oui, je n’ai de cesse de le répéter, il n’y a rien de plus beau que Mayol qui chante ! »